Master of Drawing^^

Il y a une semaine exactement, je présentai mon degree project (projet de diplôme pour le Master of Fine Arts - Drawing du Paris College of Art). 

J’y mélange les genres, évidemment : 

Les irrépressibles collages par le recyclage-bricolage, cet ensemble de gestes de décollage, recollage, redécollage qui donnent à ces collages leur autonomie de tout support, de toute surface. êtres hybrides inclassables, iels sont là.

Les mots en forme de proposition (TM : m/t.a liberté t/m.e contamine) et d’affirmation (IT’S TIME TO MAKE NEW DECISIONS WORK), comme un “artist statement” qui peut être lu personnellement, au niveau individuel des choses, ou collectivement.

Les traits et les lignes de la série HANDLE WITH CARE pour dire la résistance dissidence des corps, leurs potentialités multiples et le jeu toujours dans cette sorte d’utopie têtue que je cherche à partager…


J’ai particulièrement aimé ce dernier semestre du MFA orienté vers la préparation de cette installation - entremêlée à sa production. J’ai aimé déchiffrer sa logique pour articuler les différentes langues que j’y parle. 


Merci Veronique Devoldere, Marine Pages, Klaus Speidel (jury) et Mathieu Bonardet (jury). Et merci et bravo à mes co-masterantes Ann Dahlman, Yutavia Georges et Isabel Moura.

Bonus:

Chaque composante de mon projet a son pendant “édition” : 

* PLAIN ENOUGH, l’édition des papiers découpés,

* Le roman-photo MY GENDER TROUBLE IN THE LIFE ROOM, HOW I PLAY WITH et aussi DON’T STOP ME NOW, I’M MUTATING,

* Le poster TM que tu affiches ou découpes, comme tu veux.


Time capsule #bleudechauffe

Souviens-toi en février de l’année dernière, ET PASSER À L’ACTE : j’avais tapissé le sol de la galerie du 59Rivoli d’une 20n de feuilles et j’avais performé Bleu de chauffe toute la soirée. Un marathon les mains dans l’outremer et l’huile. 

Le bleu s’est éteint, l’huile a jauni par manque d’air (sans blague : 1er confinement, cadres, cartons, une erreur) mais j’ai toujours autant de joie à leur marcher dessus. Impossible d’y retoucher.

Alors je prends cet autre Bleu de chauffe, je le découpe et là bonheur : voilà mes formes. Il n’y a plus qu’à… suivre la découpe au feutre, enchaîner les micro-décisions décisives “dans quelle direction je vais”, grossir certains traits “à main levée” (encore une belle expression), habiter cette zone-frontière à proprement parler millimétrique…

Me voilà avec un nouveau protocole de dessin qui ré-invente le Bleu de chauffe, comme un tribute et un nouveau départ à la fois, c’est le moment.


Don’t Stop Me Now: le plaisir en kit

D’abord j’ai dit Je n’invente rien, je dessine. La blague de l’objective neutralité my 🍑. Bien sûr je fais avec ce que je vois ce que j’ai bien sûr j’invente. Et j’en fais un jeu (my take on Foucault*).

Me voilà donc à retracer Linda en morceaux pour en faire un kit. Certes un kit que je suis probablement la seule à pouvoir remonter à l’identique (ma générosité n’est pas sans perversité). 

*Ce que nous devons faire, c’est trouver une façon de transformer le « principe de plaisir » en un « principe de réalité ». C’est, je pense, un problème éthique et politique qui doit être résolu aujourd’hui. Foucault, dans sa lettre à Wade - lui-même cité par Heather Dundas dans sa préface à Foucault en Californie 🏜

Autre perspective : je teste mes limites de femme-machine. Ce trait qui garde ses distances et reste froid aka cérébral analytique (bien sûr j’en défends la délicatesse aka caresse) voilà que je le découpe au scalpel. Indéfendable sauf comme cas limite de l’absurde ? 

Tant qu’il y a du paradoxe y’a de la vie 😈 Bonne nouvelle : je n’ai pas eu toutes les proportions parfaites pour reproduire le dessin original. Human after all 💞 


Mon trouble dans le genre - comment je l’ai dessiné

Comment je l’ai raconté, performé pour les participant.es* de m’écouter, me dessiner, des fragments de mon corps ou était-ce mon bleu de chauffe. La conférence transformée en atelier, en expérience, j’ai semble t’il bousculé plus de binarité et de hiérarchie que je ne le pensai YEAH. 

Reste l’envie de recommencer.

Reste peut-être aussi la contradiction entre l’état flottant qu’ouvre le dessin et la stricte lecture des mots déjà écrits (l’improvisation avec le texte me paraît hors d’atteinte). Ou est-ce un contraste intéressant plutôt ? 

#reclaimlifedrawing 🤠


J’en dis un peu plus sur cette page, et je recense et annonce les occasions que j’ai ou que je créé de performer “Mon trouble…” : prochaine lecture * atelier le 13 avril


* du séminaire Corps-Prendre organisé par Strate research. Les actes seront publiés. Mais comment restituer l’atelier ? Mon texte transformé en conducteur qui intègre mes poses, les dessins produits, la retranscription des discussions, réflexions et réfractions qui n’en finissent pas…


Ne me libère pas, je m’en charge

C’est une sorte de cérémonie : libérer le collage quand, pour une raison ou une autre, je ne l’ai pas improvisé-collé sur place. En fait j’ai même commencé par les composer dans des carnets, des feuilles de plus en plus grandes et ça n’allait jamais : leur territoire c’est le mur, le trottoir, ou la zone à cheval entre les deux - comme le cul entre les deux chaises. Ils y débordent, ils s’immiscent, se glissent, s’étalent… Bref, aujourd’hui celui-ci a pris son envol. C’est bien la première fois que je me fais l’effet d’être un paon somptueux, je savoure…

Plus sur les gigantic collages là.

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