Et toi comment tu poses en ce moment ?

Avec Mila et Victor, on a posé en performeur.se.s. C’était mercredi 15 septembre dans la galerie du Génie de la Bastille (Paris XIème) à l’invitation du Terra Rossa Lab. 

Pour moi, c’était peut-être la dernière fois que je posais en chercheuse qui se met littéralement à poil avec mon texte Mon trouble dans le genre - comment je l’ai dessiné. Cette fois encore, j’ai cherché à déjouer la séquence attendue du strip-tease, en commençant assez nue déjà - mais je ne me suis pas rhabillée pour autant et j’ai fini presque alanguie sur mon bleu de chauffe, va comprendre… Tout se passe comme si la performance me protège d’être réellement nue - que je le sois physiquement ou pas. Pas que la nudité me pose problème et je n’associe pas (trop) nudité et vulnérabilité ou prise de risque. C’est le choix des poses, improvisées et pourtant figées évidemment pour et par le dessin, qui est plus difficile à assumer. Surtout la lecture et les mots canalisent les pensées calment les doutes la peur qui vont avec ce que mon corps peut bien raconter que je ne connais pas (et contrôle encore moins). Bref, je me dis qu’il est temps de passer à autre chose, ou plutôt j’ai très envie d’écrire la suite. Stay tuned ^^

Pour Mila, la performance (“de l’enfant artiste clown”) était à la fois coming out d’artiste et exutoire d’une expérience négative. Iel écrit : “c’était une libération de la présenter sous forme de performance devant des yeux bienveillants”.

Pour Victor, les poses hybrident la danse classique et le mouvement authentique, se passent de mots - même si il en a posé quelques uns de très beaux pour annoncer sa performance “Mon corps e(s)t moi”.

Merci à toustes d’avoir été là, de nous avoir dessiné.e.s, de nous avoir montré vos dessins 🙌 

On continue on recommence une série d’ateliers (peut-être) plus proches du dispositif de l’atelier de dessin d’après modèle dès samedi (25 septembre - check our Instagram feed). Parce que parfois, ou pour certain.e.s, ce cadre là permet la plus juste et la plus puissante des performances corporelles. 


Crédits photos : les 2 premières sont de Victor, les 4 suivantes de J.L.Hess. Merci !


Explosion tranquille

Explosion tranquille, des couleurs et avec elles des rencontres, sourires, histoires autour de ce mur comment il est abîmé, protégé et finalement métamorphosé comment je l’ai terminé en passant du collage des affiches déchirées aux formes dessinées au scotch et colorées à l’acrylique, pour sortir de la course sans fin du collage recollage dire stop et encore, en tout cas merci à tous.tes qui nous ont accompagné cet été. 

C’est Flower Power. C’est Rue de Seine, Paris 6ème.


(Photo Laurent B)

Aussi : si quelqu’un.e peut partager les images qu’en a diffusé We are artists, we are not vandals, j’en serais more than happy :)


Écouter voir dessiner, c’est incroyable

Je n’ai jamais été très à l’aise avec l’idée de dessiner ce que j’entends. Toute l’après-midi, nous nous sommes pourtant dessinées les unes les autres alors que nous lisions. Peut-être parce que c’est ce que j’avais fait l’atelier précédant*, peut-être parce que j’avais avoué que lire en posant me simplifiait singulièrement la tâche, calmait les pensées doutes questions qui sinon se bousculent au moment de rester immobile à poil devant des dessinatrices et dessinateurs (pas tant d’être à poil que de choisir une pose et de rester, comme ça). 

Quoi qu’il en soit, elles étaient toutes venues avec un livre, quelques pages écrites. Quelques mots s’enchevêtrent avec les dessins. Écrire main gauche comme je dessine me freine et cette lenteur est plus sensible presque pénible pour attraper les mots. J’essaie de les mémoriser et j’ai l’impression de tricher quand je les retranscrit alors que la modèle est passée à autre chose - conditionnement au temps soit-disant “réel” chevillé au cerveau…

Toutes sauf Nolwenn qui est venue poser avec un son. Alors je suis partie ailleurs : le rythme comme un battement du début, presque inquiétant, je le garde sous contrôle et me raccroche à son visage quelques secondes avant de repartir avec les poules qui caquettent et surtout me donnent leurs ailes…

*Ateliers animés dans le cadre du programme Source de Creatis. 12 Juillet 2021. Lors de l’atelier précédant en question, ma performance Mon trouble dans le genre, comment je l’ai dessiné avait servi d’introduction théorico-pratique.


Master of Drawing^^

Il y a une semaine exactement, je présentai mon degree project (projet de diplôme pour le Master of Fine Arts - Drawing du Paris College of Art). 

J’y mélange les genres, évidemment : 

Les irrépressibles collages par le recyclage-bricolage, cet ensemble de gestes de décollage, recollage, redécollage qui donnent à ces collages leur autonomie de tout support, de toute surface. êtres hybrides inclassables, iels sont là.

Les mots en forme de proposition (TM : m/t.a liberté t/m.e contamine) et d’affirmation (IT’S TIME TO MAKE NEW DECISIONS WORK), comme un “artist statement” qui peut être lu personnellement, au niveau individuel des choses, ou collectivement.

Les traits et les lignes de la série HANDLE WITH CARE pour dire la résistance dissidence des corps, leurs potentialités multiples et le jeu toujours dans cette sorte d’utopie têtue que je cherche à partager…


J’ai particulièrement aimé ce dernier semestre du MFA orienté vers la préparation de cette installation - entremêlée à sa production. J’ai aimé déchiffrer sa logique pour articuler les différentes langues que j’y parle. 


Merci Veronique Devoldere, Marine Pages, Klaus Speidel (jury) et Mathieu Bonardet (jury). Et merci et bravo à mes co-masterantes Ann Dahlman, Yutavia Georges et Isabel Moura.

Bonus:

Chaque composante de mon projet a son pendant “édition” : 

* PLAIN ENOUGH, l’édition des papiers découpés,

* Le roman-photo MY GENDER TROUBLE IN THE LIFE ROOM, HOW I PLAY WITH et aussi DON’T STOP ME NOW, I’M MUTATING,

* Le poster TM que tu affiches ou découpes, comme tu veux.


Time capsule #bleudechauffe

Souviens-toi en février de l’année dernière, ET PASSER À L’ACTE : j’avais tapissé le sol de la galerie du 59Rivoli d’une 20n de feuilles et j’avais performé Bleu de chauffe toute la soirée. Un marathon les mains dans l’outremer et l’huile. 

Le bleu s’est éteint, l’huile a jauni par manque d’air (sans blague : 1er confinement, cadres, cartons, une erreur) mais j’ai toujours autant de joie à leur marcher dessus. Impossible d’y retoucher.

Alors je prends cet autre Bleu de chauffe, je le découpe et là bonheur : voilà mes formes. Il n’y a plus qu’à… suivre la découpe au feutre, enchaîner les micro-décisions décisives “dans quelle direction je vais”, grossir certains traits “à main levée” (encore une belle expression), habiter cette zone-frontière à proprement parler millimétrique…

Me voilà avec un nouveau protocole de dessin qui ré-invente le Bleu de chauffe, comme un tribute et un nouveau départ à la fois, c’est le moment.

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