Irrepressible - Collages

C'est l'histoire d'un désir et d'une énergie irrépressibles qui ne peuvent être contenus et se développent à partir du mur, du trottoir, du sol, lui donnant une vie propre.

Je réalise des pièces en collage à partir d'affichages publicitaires sauvages arrachés de la rue et recomposés dans une forme différente. Topographie poétique. 

Tels une éruption, un cristal, une chevauchée venue d'ailleurs, j'improvise ces collages dans la rue où ils débordent ou sur des draps anciens pour être suspendus.

Est-ce que la forme-créature monte, descend ou s’échappe, va-t-elle va encore grandir... Une chose est sûre : elle respire.

Les collages de mon Degree Show (mai 2021, supra) sont nomades : ces pièces ont gagné en autonomie. Gigantesques, elles se tiennent dans cette tension paradoxale entre leur aspect brut et la fragilité que l'on pressent.

Ces formes hybrides incarnent un certain type d'état, équilibre instable et démontrent qu'habiter un espace ainsi, comme suspendu, est possible. Leur indétermination est le résultat d'un choix, d'une décision de ne pas se conformer aux catégories.

Je remonte le temps... Lors du confinement au printemps 2020, j'ai commencé à déchirer des journaux quotidiens : ils me donnaient mes couleurs et mes formes. Et à les assembler, à composer une ou des cartographies qui progressivement s'étalent. Jusqu'à travailler directement sur le mur : c'est le Wallpaper qui est toujours au-dessus de mon lit. 

Ces collages (ci-dessus) inspireront aussi des formes acryliques (ci-dessous) : l'ensemble est exposé à la Manufacture parisienne à l'automne 2020.

Dans le même temps, automne 2020 donc, la frustration, autant de la petitesse des  morceaux de papier que du confinement, monte. Et donc je passe dans la rue. Un peu comme un recyclage à la manière du catch-and-release. Dont les premiers collages dans la rue ont tiré leur nom : les No-kill Islands.

L'expérience du collage dans la rue est électrisante, comme une performance qui produit une œuvre d'art éphémère. (mon attachement à chaque collage est-il inversement proportionnel à sa durée de vie ? Je me demande). Il y a eu Flower Power l'été 2021. Et j'y reviens régulièrement. À suivre donc...

Celui-ci par exemple est-était Rue du Montparnasse devant la Galerie du même nom. Réalisé pour l'expo Boitaqueer dans le cadre du Festival des Fiertés de Paris 14ème en novembre 2021, c'était je trouve une contribution/une place à/dans cette expo "qui sonne juste" pour moi (complétée qu'elle était bien sûr de l'organisation d'ateliers avec Modèle vivant.e ^^).

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